
Direction le salon cybersécurité
Olivia est ravie, elle va enfin profiter de quelques jours pour découvrir en tant que cliente un salon sur la cybersécurité. Elle a été invitée par son ancien employeur et il lui a promis de l'aider pour la mise en relation avec des prestataires qui pourraient l'intéresser.
Carl, quant à lui, a été invité par son fournisseur de pare-feu. Il a même le privilège de participer à un panel d'experts sur la sécurité. À priori, ils ne devraient pas trop se croiser sur place, mais ils ont tout de même prévu un point ensemble le soir du premier jour.
Elle a décidé d'y aller en train et d'en profiter pour se reposer un peu car les derniers mois l'ont lessivée. Elle est particulièrement heureuse de retrouver ses anciens collègues et s'imagine qu'ils vont pouvoir sortir comme avant, insouciants, et en profiter pour relâcher un peu la pression.
Mais la réalité est un peu différente. Son statut de cliente lui vaut de n'avoir jamais sa carte de crédit à sortir, le moindre de ses désirs est satisfait et son commercial attitré la colle en permanence essayant de savoir sur quel projet il va pouvoir compter pour l'année à venir. Mais tout cela manque de spontanéité. Lorsque ses anciennes collègues s'approchent trop d'elle, il en prend ombrage et les écarte. Finalement, c'est beaucoup moins drôle de cette manière.
Le harcèlement commercial
Elle a passé la première journée à se promener dans les allées du salon afin de découvrir les évolutions dans son domaine. Elle s'est d'ailleurs arrêtée un moment sur une conférence concernant la sécurité des systèmes industriels. Mais l'intervention de « l'expert » ressemblait plus à une publicité pour un shampoing bon marché qu'à un véritable retour d'expérience. Tous les commerciaux de la marque en question avaient ensuite passé l'après-midi à la contacter pour obtenir un rendez-vous concernant son « intérêt affiché pour le sujet ».
En fait, c'est vraiment fatiguant un salon en tant que client. Elle est littéralement harcelée par une horde de commerciaux juniors qui se font les dents sur ses mollets. Elle a même compris qu'il lui faut cacher son badge caractéristique de couleur bleue qui la marque comme une victime désignée pour tous les jeunes loups – et louves – du voisinage.
Immédiatement, les sollicitations se sont calmées, pour se résumer à un autre type de contacts :
« Bonjour, vous êtes venue seule ? Vous êtes libre ce soir ? »
Autant elle est en mesure de dissimuler son badge, autant tout à coup elle a une envie irrépressible de troquer son tailleur pour un vieux jean et un gros pull passe-partout. Alors qu'elle se trouve devant le stand d'un grand fournisseur de solutions de sécurité international, on l'a même confondue avec une hôtesse en lui demandant d'aller chercher deux cafés.
De guerre lasse, elle a donc ressorti son badge et est à nouveau la cible d'un harcèlement commercial appuyé.
Le lapin de Carl
Le soir venu, Carl lui a évidemment posé un lapin et s'est excusé par message le lendemain expliquant qu'on l'avait invité à dîner pour parler des projets de BFC pour l'année à venir. Elle commence à penser qu'il va falloir s'occuper du sujet « Carl » rapidement avant qu'il décide de détaler dans les bois avec son budget pour faire ce qui lui plaît dans son coin. Elle va devoir jouer des muscles mais aussi faire preuve de finesse.
Et une idée l'a soudain frappée : pourquoi ne pas utiliser son commercial qui la suit partout ? La marque est suffisamment importante pour donner l'envie à Carl de participer à ce rendez-vous.
- Tu vois, l'objectif est de se faire inviter dans les meilleurs restaurants, Olivia ! Plus la marque est grande et plus il y a d'étoiles sur l'enseigne !
Un pacte stratégique
Elle a alors conclu un pacte avec son commercial : il contacte Carl, l'invite et rapporte à Olivia tous ses projets pour l'année à venir, ce qui lui permettra de lier son analyse de risque à la vision de Carl et enfin, peut-être, de travailler ensemble plutôt que l'un contre l'autre.
Carl a accepté l'invitation et enfin Olivia a été en mesure de se reposer un peu sans avoir quelqu'un qui la suit jusque dans les toilettes. Elle en a également profité pour organiser les deux ou trois rendez-vous qu'elle souhaitait faire pour préparer son budget qui serait bientôt en négociations.
Le soir, les nouvelles étaient bonnes pour le commercial comme pour elle. Les projets étaient en ligne avec ses propres vues, un peu plus orientés réseau que prévu mais rien de rédhibitoire. Il existe donc bien une piste pour pouvoir travailler ensemble.
Apparemment, Carl a passé un excellent moment en reprenant plusieurs fois du vin. Le commercial n'avait pratiquement jamais vu quelqu'un boire autant. La note s'est avérée salée, mais pas de problème, ils ont l'habitude.
- Au moins, il s'est limité au restaurant ! Certains demandent beaucoup plus !
Carl a-t-il finalement une certaine forme d'intégrité ? Elle se demande tout de même : que peuvent bien demander les autres en plus ?
Olivia a finalement eu le temps de passer aussi un peu de temps avec ses anciennes collègues et de parler un peu d'autre chose que de travail. L'honneur est sauf !